211226 - MUS QZD - SCHUBERT – SONATES POUR PIANO D 840 & D 960 – J.-M. LUISADA
|
|
|
|
|
|
211226 - MUS QZD - SCHUBERT – SONATES POUR PIANO D 840 & D 960 – J.-M. LUISADA
|
|||
|
|
FRANZ SCHUBERT (1797-1828) « Sonates pour piano D 840 « Reliquie » et D 960 » Jean-Marc Luisada (piano). La Dolce Volta
|
||
|
|
TECHNIQUE : 5/5 Enregistré en février e mars 2021 à la grande salle de l'Arsenal à Metz par Frédéric Briant. Piano aux timbres chaleureux, d'un beau relief et d'une définition remarquable. Chaque note de n'importe quel accord s'entend distinctement sans perte de la texture globale. La précision des basses côtoie une richesse harmonique subtile.
|
|
|
|
|
Schubert, Jean-Marc Luisada l'avait abordé au disque par une frémissante lecture de « La truite » en compagnie des Modigliani, complétée par la Sonate D 537 (RCA, 2014). Il y revient aujourd'hui, après avoir pris le temps du « travail d'introspection approfondi » que l'œuvre du compositeur viennois lui semble nécessiter. Cette longue analyse a porté tous ses fruits : il nous offre là une interprétation habitée, personnelle qui réussit le miracle de concilier la mélancolie parfois douloureuse du propos et la clarté d'une sonorité rayonnante et délectable. De la Sonate D 840 « Reliquie », le pianiste ne retient que les deux premiers mouvements, les seuls entièrement écrits par Schubert ; il écarte ainsi les deux autres, complétés par Ernst Krenek, estimant que « le compositeur a déjà dit l'essentiel ». Les accents sont fermes, exempts de la moindre brutalité, les phrasés respirent au contraire avec grâce, le piano s'exprime tendrement dès que la lumière traverse les nuages schubertiens. Dans la D 940, l'instrument chante et contre-chante (on entend dans le premier mouvement des thèmes secondaires ou des jeux de réponses rarement soulignés), et s'ébroue sans précipitation (le scherzo, abordé paisiblement, répond parfaitement à l'injonction de Schubert « con delicatezza »). L'interprète est toujours prêt à relancer le discours, à nous surprendre, en laissant libre cours à une imagination très fertile. Ce piano radieux jusque dans la pénombre délivre un message d'optimisme, comme si les pleurs étouffés et les plaies mal cicatrisées que renferment ces deux sonates trouvaient l'apaisement. Entendons-nous bien : Luisada n'estompe pas ce que ces pages ont de douloureux (« cette musique sont des lames de rasoir sur le cœur ») ; il nous apprend à être attentifs aux moindres signes d'espoir qu'elles peuvent transmettre.
Jérôme Bastianelli
|
|
|
|
|
|||
Commentaires
Enregistrer un commentaire