211219 - MUS QZD - BEETHOVEN – SONATES POUR VIOLON ET PIANO N°8 À 10 – Franck Peter ZIMMERMANN & Martin HELMCHEN

 





211219 - MUS QZD - BEETHOVEN – SONATES POUR VIOLON ET PIANO N°8 À 10 – Franck Peter ZIMMERMANN & Martin HELMCHEN






LUDWIG VAN BEETHOVEN

(1770-1827

« Sonates pour violon et piano n°8, 9 et 10 »

Franck Peter ZIMMERMANN (violon)

Martin HELMCHEN (piano)

BIS




TECHNIQUE : 4/5

Enregistré en août 2020 à la villa Siemens, Berlin, par Hans Kipfer (Take 5). Le violon se pose sur un piano plus lointain sans que ce dernier perde sa précision. Les deux instruments ont une présence naturelle au sein d'une image cohérente. La réverbération ne trouble ni la définition ni la douceur des timbres.





Après deux volumes approchant la perfection (cf n° 695 et 703), Franck Peter Zimmermann et Martin Helmchen achèvent une intégrale de dix sonates pour violon et piano de Beethoven révélant une décantation et un approfondissement qui vont bien au-delà de la performance instrumentale, elle-même d'un niveau assez inouï. Dès l'appel au bonheur qu'évoque le premier thème de la Sonate n°8 (1802), prises de risques, élasticité des phrasés, tension explosive se déploient avec une virtuosité et un naturel confondants. Dans l'énigmatique deuxième mouvement, où perce l'angoisse, comme dans la joyeuse farandole du finale, la respiration, l'humilité des deux protagonistes s'allient à une grâce immédiate. Très éloignées de lectures plus sanguines et extraverties.

Leur Sonate « À Kreutzer » (1803), à la splendeur marmoréenne, ne souffre guère d'infimes (et inutiles) ornements improvisés du violoniste. Comme les meilleurs – dont Perlman/Askhenazy (Decca), Kremer/Argerich (DG), Faust/Melnikov (HM) -, Zimmermann et Helmchen soulignent combien le premier mouvement surclasse par sa clarté formelle et sa force dramatique tout ce que Beethoven a écrit auparavant. Ils mettent en valeur ce qui le sépare des variations du mouvement lent, et plus encore de la brillante tarentelle conclusive. Beethoven ne devait plus jamais réunir des structures aussi bigarrées, et nos interprètes en dominent les exigences et la signification sans en rompre l'unité conceptuelle.

L'introversion, le dialogue serré reprennent leurs droits dans une Sonate n°10 (1812) où l'égalité des souffles, l'échange des voix, la pureté des lignes intensifient cet aspect de rêverie amoureuse qui transparaît dans les quatre mouvements. L'absolue simplicité, l'absence totale d'affectation et de maniérisme, chez le violoniste comme chez le pianiste, leur permet d'oser des couleurs, des impulsions contradictoires sublimant la lutte et se résolvant en une lumineuse jubilation.


Patrick Szersnovicz




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