211028 - MUS QZD - AVISON - CONCERTOS -EMMANUEL ROCHE, IGNACIO PREGO

 





211028 - MUS QZD - AVISON - CONCERTOS - EMMANUEL ROCHE, IGNACIO PREGO







CHARLES AVISON

(1709-1770)

Emmanuel Resche-Caserta (violon), Ignacio Prego (clavecin et direction), Tiento Nuovo

AVISO – 12 Concertos in Seven Parts

SCARLATTI - Sonates




TECHNIQUE : 3/5

Enregistré en octobre 2020 salle Fray Louis de Leon, à Guadarrama (Espagne), par Fredierico Prieto. Si, pour les sonates, l'image du clavecin solo est parfaitement centrée, celle de l'ensemble instrumental est déséquilibrée, notamment par la présence marquée d'un violon sur la gauche. Mes aigus sont parfois légèrement acides.






Publiées en 1774, les Douze Concertos in Seven Parts de Charles Avison conjuguent deux obsessions de l'Angleterre de la première moitié du XVIII° siècle : le goût pour le modèle corellien du concerto grosso, popularisé par Geminiani et Handel, et la fascination pour l'imagination débridée de Scarlatti. Les sonates de ce dernier fournirent à l'organiste du Newcastle un matériau de choix pour élaborer des œuvres aux climats changeants, tantôt d'une noble gravité, tantôt d'une fougue échevelée, toujours empreintes d'une recherche d'équilibre déjà classique.

Depuis les intégrales pionnières de Marriner (Philips, 1979) puis, sur des instruments anciens, de Goodman (Hyperion, 1994), la faveur de ces pages ne se dément pas ; le disque que Tiento Nuovo consacre à quatre d'entre elles magnifie leur inventivité. Dès le Largo, puis le Con spirito du Concerto n°9, les fondations de l'approche sont posées : équilibre radieux, absence de précipitation permettant aux phrases de respirer, capacité à faire saillir angles et contrastes. La douce nostalgie de la Siciliana, la pulsation vigoureuse de l'Allegro sont restituées avec un égal bonheur, tout comme les couleurs du Temporeggiato en apesanteur du Concerto n°12 ; son Tempo Giusto millimétré, son Allegro spiritoso malicieux, la sensibilité de son Lentemente font mouche. Le Largo du Concerto n°5 exempt de brutalité, son Moderato rendu à son mystère, les déhanchés subtils de son Allegro final nous ravissent. Quant au Con furia du Concerto n°6, il est ébouriffant d'énergie et de maîtrise. Cette réussite est à verser au crédit de la complicité entre l'archet racé, aux ornementations généreuses mais jamais envahissantes, d'Emmanuel Resche-Caserta, et le toucher raffiné, la conduite éclairée d'Ignacio Prego qui offre, contrepoint bienvenu, une lecture pleine de subtilité de quatre sonates de Scarlatti. Surclassant celle du Café Zimmermann (Alpha, 2002) par son intelligence du répertoire, cette anthologie s'impose comme la meilleure invite pour découvrir Avison.


Jean-Christophe Pucek




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