211027 - MUS QZD - CHOPIN - 12 ETUDES OP 25 ET LES 4 SCHERZOS - BEATRICE RANA

 





211027 - MUS QZD - CHOPIN - 12 ETUDES OP 25 ET LES 4 SCHERZOS - BEATRICE RANA







FRÉDÉRIC CHOPIN

(1810-1849)

12 Études op.25. Les 4 scherzos.

Béatrice Rana (piano).

CHOPIN – 12 Etudes op.25

CHOPIN – Les 4 Scherzos




TECHNIQUE : 4,5/5

Enregistré en janvier 2020 et février 2021 au studio Teldex (Berlin) par Jan Pedersen. Très belle définition des registres et couleurs pour ce Steinway. Parfaitement dosée, l'acoustique généreuse de Teldex lui apporte une bonne densité sonore sans le démunir de la précision recherchée. Un relief discret mais excellent.





Après avoir mis en regard Stravinsky et Ravel (Diapason d'or de l'année 2020), Beatrice Rana confirme avec Chopin sa faculté de transcender le texte pour créer des mondes sonores. Dans cette musique où l'équilibre est si difficile à atteindre entre créativité et rigueur, liberté et pudeur, la réussite paraît d'autant plus exceptionnelle. Dès la première Etude de l'Opus 25, l'ampleur de la sonorité, sa chaleur, les subtiles inflexions, le rubato sensuel, les mélodies invisibles nous ensorcellent. La main gauche, si vivante, apparaît comme le cœur vibrant d'une exécution à la légèreté d'elfe (n°2). Et avec quelle joviale gourmandise la pianiste italienne s'empare du texte (fin de la n°3) ! Le mélange d'invention, de fantaisie et de force transfigure en scherzo de poche le n°4, aux crescendos foudroyants. Rana chante avec non moins de bonheur : la ligne de la partie centrale de la n°5 prend son envol dans la plus pure tradition bel cantiste, avant que ne résonnent d'étonnants conglomérats de timbres. L'Etude en tierce débute dans le prolongement de la précédente, avant de vibrer, d'éclabousser, de secouer. La grande phrase de la n°7 ? Une lame de fond. Et ce chant, à nouveau, d'un pathétique dense et passionné : un poème de feu ! La technique magistrale, a le chic de se faire oublier, comme chez les plus grands. Mais il suffit d'entendre Rana pour déchaîner un déluge d'octaves dans la n°10 ou dévaler à fond de train (signe d'un engagement d'une rare générosité) les arpèges de la n°12 pour prendre la mesure de ses moyens colossaux.

Quant aux scherzos, ils s'imposent par leur puissance d'évocation et leur personnalité. Tout y est : le caractère sardonique, la grandeur, l'autorité. Dans les épisodes méditatifs ou lyriques, la souplesse, la singularité des phrasés étonnent (dans le n°4 notamment). En artiste véritable, Rana sait jusqu'où ne pas aller trop loin dans l'imagination. Un album aussi audacieux qu'exaltant, où brille d'un or éclatant une des plus grandes versions jamais gravées des Études op. 25.


Bertrand Boissard




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