211024 - MUS QZD - EXTRAITS D'OPÉRAS - « BARITENORISSIMO » - MICHAEL SPYRES, OP DE STRASBOURG, MARKO LETONJA
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211024 - MUS QZD - EXTRAITS D'OPÉRAS - « BARITENORISSIMO » - MICHAEL SPYRES, OP DE STRASBOURG, MARKO LETONJA
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MICHAEL SPYRES TÉNOR « Baryténor » - Extraits d'airs d'opéras : MOZART – Les Noces de Figaro MOZART – Idoménée MOZART – Don Giovanni MÉHUL - Dariodant SPONTINI – La Vestale ROSSINI – Le Barbier de Séville ADAM – Le Postillon de Longjumeau DONIZETTI – La Fille du Régiment VERDI – Le Trouvère THOMAS – Hamlet OFFENBACH – Les Contes d'Hoffmann WAGNER – Lohengrin LEONCAVALLO – Paillasse LEHAR – La Veuve joyeuse RAVEL – L'Heure espagnole KORNGOLD – La Ville morte
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TECHNIQUE : 4/5 Enregistré en août et décembre 2020 à la salle Érasme du Palais de la Musique et des Congrès, à Strasbourg, par Olivier Rosset. Le premier plan se trouve illuminé par la voix du soliste, riche en harmoniques et aux contours magnifiquement galbés. L'orchestre, non comme un second plan pâle et terne qui ne jouerait que son rôle d'écrin, rivalise de reliefs et de couleurs multiples.
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L'ÉVÉNEMENT
BARITENORISSIMO ! Ténor ? Baryton ? Michael Spyres ne tranche pas et dévore un répertoire immense, de Don Giovani au Trouvère en passant par Hamlet et Lohengrin. Ébouriffant ! Un Janus vocal, ce Michael Spyres, qui navigue entre le prologue de Paillasse, destiné à un baryton Verdi, et le « Ah! Mes amis quel jour de fête » aux neuf contre-ut du Tonio de La Fille du régiment ! Mais n'est-ce pas là la définition même du baryténor – baryton à l'aigu du ténor ou ténor au grave du baryton ? Il fut d'ailleurs un temps où les tessitures étaient beaucoup plus poreuses, où l'on transposait beaucoup et où un ténor pouvait chanter Don Giovanni (comme le fit Manuel Garcia, père de Maria Malibran et de Pauline Viardot). Le baryténor à l'italienne, dont les vocalises sont assumées avec panache, s'incarne dans l'Idoménée mozartien ou l'Otello rossinien, taillé pour Andrea Nozzari dont l'ambitus allait du sol grave au contre-ré.
HYBRIDES Baryténors à la française sont le Licinius de La Vestale de Spontini ou le plus rare Ariodant (1799) de Méhul – le Danilo de La Veuve joyeuse présente également une tessiture hybride. Notre artiste n'a rien à craindre des rôles plus aigus et plus légers, comme en témoigne son Postillon de Longjumeau, d'une insolence aussi crâne que son Tonio donizettien. Côté baryton, l'air du Figaro rossinien éblouit, le Prologue de Paillasse étonne : on croirait y entendre une clé de fa. Quoique de la main même des compositeurs, certaines transpositions pourront dérouter. La partie rapide de l'air du Conte des Noces de Figaro, avec les variances aiguës pour la reprise viennoise de 1789, est méconnaissable, et la mouture originelle, pour ténor, du brindisi de l'Hamlet d'Ambroise Thomas perd en mordant. Le Ramiro de L'Heure espagnole, que Ravel perche haut, convient en revanche à merveille au ténor – pardon au baryténor ... qui ferait tout aussi bien un excellent Gonzalve. Dans ses passionnantes notes d'intention, Michael Spyres argumente solidement ses choix, définit au passage ce qu'est un baryténor, brosse une galerie de portraits à travers la conception ou l'appropriation de ces rôles par les uns et les autres. Mais l'intérêt de ce récital, où l'accompagnement de Marko Letonja est à la hauteur de son soliste, va au-delà de la prouesse vocale. Le chanteur américain montre une capacité à s'approprier des styles différents, à endosser le costume de personnages très divers, de la faconde de Figaro à la nostalgie douloureuse du héros de La Ville morte. Son intimité avec le répertoire français, notamment au sens de la prosodie, en fait le digne successeur d'un Nicolai Gedda ... ou celui de Georges Thill pour un anthologique récit du Graal dans la langue de Molière. Excusez du peu !
Didier Ban Moere
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