210916 - MUS QZD - ŒUVRES POUR PIANO - TATIANA SHEBANOVA
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210916 - MUS QZD - ŒUVRES POUR PIANO - TATIANA SHEBANOVA
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FRÉDÉRIC CHOPIN 1810-1849 « Œuvres pour piano. Œuvres pour piano et orchestre. » Tatiana SHEBANOVA (piano Erard de 1849), Orchestre du XVIII° siècle, Frans Brüggen.
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TECHNIQUE : 3/5 Enregistré dans le studio Witold Lutolavski de la Radio Polonaise de Varsovie entre 2007 et 2010. SI la salle, l'instrument et l'interprète sont partout les mêmes, des images sonores différentes et plus ou moins bien définies ne mettent pas toujours bien en valeur ce piano historique. L'ensemble présente néanmoins une couleur chaleureuse. |
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Les volumes qui lui étaient dévolus dans la série publiée par l'Institut Chopin de Varsovie nous tiraient l'oreille ; un Diapason d'Or couronnait Ses Vingt-quatre préludes op. 28 et sa Sonate n°8 captés en 2010 ; Tatiana Shebanova décédait un an plus tard s'un cancer. C'est un bel hommage que l'éditeur polonais lui rend en réunissant dans un coffret de quatorze CD, tout ce que la pianiste gravait entre 2007 et 2010 sur l'Erard de 1849, révélant une majorité d'inédits. Adoptant un ordre globalement chronologique (auquel échappent les pages avec orchestre, réunies sur les deux dernières galettes), le parcours débute par les premières polonaises (WN 1 et 2) d'un Chopin de sept ans, pour s'achever avec la Mazurka op. 68 n°4. Notons à ce titre que certains cahiers sont éclatés, tel justement cet Opus 68 constitué après la mort du compositeur et dont les quatre pièces sont remises chacune à la « bonne ». Un index permet de s'y retrouver. Partout flamboie l'habileté de l'artiste à faire sonner l'instrument comme à restituer les compositions dans un geste quasi improvisateur. Sous ses doigts, le vénérable Erard chante et claque des talons. Les Préludes attestent une hauteur de vue, une absence de pose, un naturel dans l'élocution parfaitement envoûtants. Dénués de mièvreries, Nocturnes et Mazurkas allient pudeur et autorité. Dans les Etudes op. 10 et 25, les aigus étincellent, les graves vrombissent, le détaché crépite sans jamais oblitérer la ligne. La Polonaise op. 71 n°3 rebondit sans s'appesantir sur les barres de mesure, chante et rêve dans un festin de nuances. Dans la célébrissime Valse op. 64 n°1, l'agogique et la mise en valeur de tel ou tel trait d'écriture renouvellent notre écoute. La beauté des résonnances envoûte dans les n°2 et 3 (la polyphonie à la fin de la partie centrale !) pleines d'invention. Et cette impeccable Fantaisie-Impromptu dont aucun détail n'est escamoté, sans rien d'analytique pour autant ! Guère homogènes, les prises de son frustrent parfois. L'Orchestre du XVIII° siècle accuse quelques lourdeurs dans les concertos, où l'image manque de précision et d'ampleur, mettant à mal les équilibres. Le piano, somptueux, reste très à l'avant. On préférera les quatre autres pages concertantes réunies sur le CD 13 (Variation sur La ci darem la mano, Fantaisie sur des airs polonais ...) où la fusion entre pianiste et orchestre se réalise admirablement. Les puristes regretteront peut-être que toutes les œuvres soient abordées sur le même instrument, alors que les premières appelaient des pianos plus anciens. Qu'importe ! Cette quasi-intégrale est assurément l'un des plus beaux ensembles chopiniens sur piano d'époque et le testament d'une musicienne de premier plan.
Loic Chahiner
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