210628 - MUS QZD - MARAIS - LIVRE III DE PIECES DE VIOLE - FRANÇOIS JOUBERT CAILLET, L'ACHÉRON

 





210628 - MUS QZD - MARAIS - LIVRE III DE PIECES DE VIOLE - FRANÇOIS JOUBERT CAILLET, L'ACHÉRON







MARIN MARAIS

1656-1728

« Troisième Livre de pièces de viole »

François Joubert-Caillet (violon),

L'Achéron.

Ricercar


CD1

MARAIS – Suite en sol majeur

MARAIS – Suite en do majeur

CD2

MARAIS – Suite en la majeur

MARAIS – Suite en fa majeur

MARAIS – Suite en la mineur

CD3

MARAIS – Suite en si bémol majeur

MARAIS – Suite en sol mineur

CD4

MARAIS – Suite en do majeur

MARAIS – Suite en ré majeur




TECHNIQUE : 3/5

Enregistré par Jérôme Lejeune en l'église Notre-Dame de Senteilles en septembre 2017, septembre 2018 et mai 2019. L'écoute est confortable malgré une kyrielle de petits défauts : les résonnances des graves produisent une image parfois confuse, les contours instrumentaix sont peu définis, la palette harmonique pourrait aussi être plus riche, l'ensemble avoir plus d'ampleur.






Depuis Le Deuxième Livre de pièces de viole (1701), dix ans se sont écoulés. Dans cet intervalle, Marais a donné à l'Académie royale de musique ses trois opéras : Ariane et Bacchus (1695), Alcyone (1706) et Sémélé (1709). Il serait aisé de dire que le recueil qui parait en 1711 se ressent de cette expérience lyrique, d'avancer que son efficacité doit à la scène, que ses mélodies sont devenues plus chantantes. En fait, Marais s'inscrit dans le goût du temps. Deux ans plus tard, François Couperin publiera son Premier Livre. Au même moment, la carrière de Watteau prend son essor – il sera reçu à l'Académie en 1712. c'est à cet univers que le Troisième Livre appartient. Et quel charme il distille !

Les principes qui consacraient la réussite du Deuxième Livre gravé par L'Achéron sont toujours à l'œuvre : chaque Suite se tient à un continuo fixe, à l'effectif crédible, qui contribue à lui donner son caractère. L'union fait la force : l'écrin dans lequel s'insère la viole soliste ne lui ôte jamais son éclat. Le «sujet» et la basse se répondent avec une éloquence sans rien de didactique (exemple extrême : la Deuxième Gigue, n°47), dans une clarification des lignes qui ne refuse pas la générosité à la réalisation de la basse continue (la Musette en sol majeur, n°106). Idéaliement chantant, d'une éloquence plus poétique que déclamatoire, l'archet assuré de François Joubert-Caillet demeure maître de ses effets : soutenant les notes longues et les doubles cordes (la Plainte en sol mineur !), il fait merveille dans le jeu lié (La Folette). Les Bourrasques démontre sa vaillance dans les coups d'archet plus vifs.

La Sarabande en sol mineur (n°81) est un modèle d'équilibre entre le pathétique et la retenue. On succombe aux grâces envoûtantes du Rondeau louré (n°84), à ses trésors de tact. Les pièces «de caractère» ne deviennent jamais prétexte à des outrances expressives – ce qui n'empêche pas l'entrain, comme le prouve le Caprice en sol majeur (n°93). Prenez le Menuet fantasque : nul besoin de surligner l'épithète, la musique parle d'elle-même. Cette sagesse déroutera peut-être les habitués au style Savall ou Pandolfo, plus théâtral; elle nous ramène dans le cadre intime de la musique de chambre. Surtout, elle tient la durée sans nous lasser. Au terme du parcours, tant de de petites pièces dont les titres ne nous disent rien nous ont tiré l'oreille que nous sommes sûrs d'y revenir souvent. Preuve qu'il vaut parfois la peine de tout enregistrer !


Loïc Chahine




Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

210219 - ART TEL - JÜRG KREIENBÜHL, PEINTRE DE LA ZONE

210607 - MUS DIV - ARTE - BEETHOVEN - SYMPHONIE N°9 - KARINA CANELLAKIS

210110 - CIN FIL - ARTE - « LES CORPS OUVERTS » - DE SÉBASTIEN LIFHITZ