210626 - MUS QZD - EMILIANO GONZALEZ TORO - «SOLEIL NOIR, ARIE PAR FRANCESCO RASI» - AIRS ET MADRIGAUX DE RASI & AUTRES COMPOSITEURS

 





210626 - MUS QZD - EMILIANO GONZALEZ TORO - «SOLEIL NOIR, ARIE PAR FRANCESCO RASI» - AIRS ET MADRIGAUX DE RASI & AUTRES COMPOSITEURS







EMILIANO GONZALES TORO TÉNOR

« Soleil noir, Arie par Francisco Rasi » - Airs et madrigaux

RASI – Indarno Febo

RASI – Filli mia, filli dolce

DEL BIADO - La Mantovana

DA GAGLIANO - La Dafne

CACCINI – Amarilli, mia bella

PERI – La varie musiche

DUNFORD – Passamezzo

RASI – Ardo, ma non ardisco

RASI – Messagier di speranza

FALCONIERI – La suave melodia

RASI – O che felice giorno

GESUALDO – Gagliarda del Principe di Venosa

CACCINI – Dalla porte d'Oriente

D'INDIA – Amico, hai vento

MONTEVERDI – Scherzi musicali, SV247, N°2

RASI – O pura, o chiea stella

FALCONIERI – E vivere e morre




TECHNIQUE : 4/5

Enregistrement en l'église Notre-Dame du Bon Secours, à Paris, en février 2019, par Laure Casenave et Vincent Mons. Une image sonore très cohérente, où un ténor en gros plan est soutenu par une viole de gambe, un théorbe et une harpe. Beaux timbres individuels, et un espace sonore intimiste pour écrin.





En 2009, Furio Zanasi, un des plus mémorables spécialiste du chant montéverdien, avait voulu ressusciter pour Naïve «La voix d'Orfeo». Dix ans plus tard, Emiliano Gonzalez Toro prend le relais avec plus de brio encore, pour évoquer la personnalité fascinante de cet aristocrate attaché à la maison des Médicis, puis à celle des Gonzague. Chanteur et luthiste virtuose, Francesco Rasi (1574-1621) fut, comme Gesualdo, un artiste de génie doublé d'un assassin. Ce «soleil noir» a participé aux créations des trois premiers opéras parvenus jusqu'à nous : L'Euridice de Peri et Cassini (1600) à Florence, puis L'Orfeo de Monteverdi (1607) et La Dafne de Gagliano (1608) à Mantoue. Interprète de l'avant-garde de son temps, fervent apôtre du stile representativo comme du canto fiorito, Rasi était également un compositeur raffiné, à qui nous devons des monodies virtuoses émouvantes.

Le programme résume idéalement les facettes les plus diverses de son art en n'oubliant aucun de ses compositeurs emblématiques. Des rivaux florentins (Peri et Caccini) et du géant Monteverdi, il ne propose que d'humbles et délicates arie, interprétées avec grâce et légèreté par le ténor, que soutiennent trois continuistes aussi attentifs qu'inventifs.

Le redoutable lamento d'Apollon, extrait de La Dafne de Da Gagliano, trouve ici son interprétation de référence, alliant agilité et profondeur expressive. Atout majeur de cette nouvelle monographie : Gonzalez Toro y fait la part belle aux trop rares compositions de Rasi. Il souligne par son éloquence la théâtralité de ces miniatures poétiques, tout comme la parenté entre les éblouissantes figures ornementales de ces arie et celles qui parent le «Possente spirto» de Monteverdi ou encore le Lamento de Gagliano. En témoigne le délectable Messagier di speranza, abordé avec autant de lyrisme que de vaillance : Orphée est bel et bien ressuscité!


Denis Morrier




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