210429 - CIN CDC - 2021-04 - 01 - « LA GRANDE TRAVERSÉE » - DE STEVEN SODERBERGH

 





210429 - CIN CDC - 2021-04 - 01 - « LA GRANDE TRAVERSÉE » - DE STEVEN SODERBERGH





« LA GRANDE TRAVERSÉE » (« Let Them All Talk »)



2020 - États-Unis



réalisé par Stevzn Soderberg



1 h 53


avec Meryl Streep, Gemma Chan, Dianne Wiest, Lucas Hedges, Candice Bergen







Let Them All Talk de Steven Soderbergh


La croisière diffuse


par Olivia Cooper-Hadjan



S'il a tourné Let Them All Talk sur le Queen Mary 2, Steven Soderbergh ne retient pas de ce décor son monilithisme. Il s'intéresse plutôt à la pluralité d'espaces qui composent ce paquebot, chaque recoin pouvant accueillir une fausse piste. Alice Hugues (Meryl Streep), écrivaine reconnue, y embarque afin de se rendre à Londres pour y recevoir un prix. Roberta (Candice Bergen) et Susan (Diane Wiest), de vieilles amies perdues de vue, et Tyler (Lucas Hedges), son jeune neveu, l'accompagnent à son invitation. Quant à son éditrice Karen (Gemma Chan), elle se joint à la traversée en secret, dans l'espoir de glaner quelques informations sur le manuscrit auquel Alice dit être en train de travailler. Tourné rapidement, en lumière naturelle et avec une équipe réduite, Let Them All Talk se présente comme une musardise, chaque scène pouvant valoir pour elle-même, par la grâce d'un casting gourmand autorisé à improviser. La légèreté du dispositif se ressent également dans la récurrence de lieux filmés sous les mêmes angles – Soderbergh officie en tant que chef opérateur et monteur, sous pseudonyme. Malgré cette structuration visuelle, Let Them All Talk a ceci de flottant que sa nature reste incertaine tout du long. Il est toujours prompt à se décentrer, et ce qui s'annonce au départ comme un amusant jeu de révélations prend un tour plus grave. Le film conserve une part d'opacité, des béances entêtantes. À son terme, il nous ramène brutalement à une forme de contingence, nons sans avoir tourné autour d'un même thème – les continuités et ruptures qui peuvent exister entre l'art et la vie. Les hautes ambitions esthétiques d'Alice semblent proportionnelles à son égoïsme, tandis que l'écrivain de bas étage Kelvin Kranz, rencontré sur le bateau, s'avère être un homme délicieux. Le propos est discret, mais à l'heure de la cancel culture, abhorder la discrépance entre esthétique et étjique n'est pas tout à fait anodin.





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