210228 - LIT FRC - HOMMAGE À PHILIPPE JACCOTTET
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210228 - LIT FRC - HOMMAGE À PHILIPPE JACCOTTET
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Philippe Jaccottet en 2002, chez lui à Grignan
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De Rilke, Hölderlin - dont il a aussi dirigé l’édition des œuvres en Pléiade - de Musil ou Mandelstam - qui l’a amené à apprendre le russe - Ingeborg Bachmann ou encore de l’Odyssée, en vers de quatorze syllabes. Grand Prix national de traduction en 1987, il a beaucoup consacré à ce qu’il appelait cette « transaction secrète ». Cet homme discret savait cultiver l’amitié : Yves Bonnefoy, André du Bouchet, Jacques Dupin, Henri Thomas, Pierre-Albert Jourdan... Dans la préface à son premier recueil dans la collection poésie/Gallimard Jean Starobinski écrivait : « À l’approche de ces poèmes s’éveille une confiance. Notre regard, passant d’un mot à l’autre, voit se déployer une parole loyale, qui habite le sens, comme la voix juste habite la mélodie ». Dans l’hommage rendu par Libération, Guillaume Lecaplain cite A travers un verger, un livre de 1975. « J’ai toujours eu dans l’esprit, sans bien m’en rendre compte, une sorte de balance. Sur un plateau il y avait la douleur, la mort, sur l’autre la beauté de la vie. Le premier portait toujours un poids beaucoup plus lourd, le second, presque rien d’impondérable. Mais il m’arrivait de croire que l’impondérable pût l’emporter, par moments. »
C’est donc le plateau le plus lourd qui a eu le dernier mot, logiquement. Mais nous reste sa parole : « devant un nuage, un verger, un chemin de terre ou un seul cerisier au détour d’une promenade, Jaccottet décrit le sentiment d’une apparition – d’une suspension de la subjectivité, du temps et du reste du monde ». Dans des carnets publiés en 2013 sous le titre Taches de soleil, ou d’ombre, il écrit : « Je ne voudrais être rien d’autre qu’un homme qui arrose son jardin et qui, attentif à ces travaux simples, laisse pénétrer en lui ce monde qu’il n’habitera pas longtemps. » Ce qu’est l’écriture à la parole, le paysage l’est au monde. « Quitter l'agitation intellectuelle de Paris était une nécessité pour mon travail », confiait-t-il à la télévision suisse en 1975. « J'ai fait connaissance avec la nature, j'ai appris le nom des arbres pour comprendre la nature profonde d'un paysage : les genévriers, les pins, les cyprès, les roseaux sont devenus mes compagnons.» |
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