210131 - LIT TEL - « MA VIE AVEC APOLLINAIRE » - FRANÇOIS SUREAU

 





210131 - LIT TEL - « MA VIE AVEC APOLLINAIRE » - FRANÇOIS SUREAU






Récit



Ma vie avec Apollinaire



François Sureau



Éditions Gallimard, collection Ma vie avec


160 pages




Gilles Heuré

Telerama n°3707

Créé le 26/01/2021.



« C’est en ami qu’Apollinaire me hante, écrit François Sureau. Je cherche ces jours-ci, et je crois apercevoir, son ombre amicale, plus réelle que celle de bien des vivants que j’ai croisés. » Dans ce récit, l’auteur se défend d’être biographe ou spécialiste, et ne prend pas le poète comme alibi d’un roman. Il ne tente pas non plus une quelconque analyse, car Apollinaire resterait « hors d’atteinte » : « Impossible d’être, en écrivant sur lui, à la hauteur de l’émotion qu’il peut susciter par ses vers. Je veux seulement essayer de rendre le déplacement d’air que l’existence de Guillaume a produit dans la mienne, en manière de remerciement. » On peut bien, comme le fait Sureau, appeler un ami par son prénom, mettre ses pas dans les siens quand il parcourait Paris de long en large. On peut bien tenter encore de deviner la part de mystère qui se loge derrière les fantaisies de Guillaume Apollinaire de Kostrowitzky, poète mais aussi prosateur, parfois agent provocateur comme il le lui fut reproché. Le mystère, justement, François Sureau le fréquentait quand, jeune garçon, il dévorait les aventures de Sherlock Holmes et d’Arsène Lupin. Mais découvrir Apollinaire, le poète d’Alcools, ouvrait sur un autre monde, beaucoup plus vaste, bordé d’érotisme, voire de pornographie, empli d’appels à l’amour, de critiques d’art et de rencontres. Dans ce beau récit, aussi intime que pudique, François Sureau évoque tous les personnages de la galaxie Apollinaire : les femmes, bien sûr, Marie Laurencin, Louise de Coligny-Châtillon, la fameuse Lou, et Madeleine Pagès rencontrée dans un train en 1915. Se dessinent aussi les silhouettes de Max Jacob, d’André Salmon, de Picasso ou de Juan Gris. Apollinaire, qui écrivit qu’il fut partout « dans les villes heureuses à l’arrière », mais aussi dans la terre « cannibale » de la guerre, mort de la grippe espagnole en 1918, deux jours avant l’Armistice, n’est donc pas un fantôme. La preuve, c’est que François Sureau continue de converser avec lui.






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